Consommation : le COVID-19 change la donne !

Consommation : le COVID-19 change la donne !

Il y aura sans conteste un avant et un après crise du Covid-19. Après plusieurs semaines de confinement, le constat est sans appel : les habitudes des Français en matière de consommation ont profondément changé. Reste à savoir si ces changements seront durables ?

Des courses moins fréquentes…

Terminés les longs moments d’hésitation dans les rayons du supermarché, finies également les sorties au prétexte d’acheter l’aliment manquant pour finaliser une recette. Avec la mise en place du confinement, les Français ont opté pour l’efficacité. Les temps de sortie étant limités « aux achats de première nécessité », il a fallu s’adapter à une nouvelle norme.

Ainsi, selon une étude menée par Ipsos pour L’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations, les Français ne sont désormais plus que 48% à faire leurs courses alimentaires au moins une  fois par semaine, contre 67 % auparavant.

Le temps entre les achats s’espace, avec désormais 29 % des consommateurs se rendant au supermarché « tous les 10 jours environ » : en effet, pour sortir le moins souvent possible, les Français se disent de plus en plus adeptes du stock. Autre changement notable : la place des hommes qui sont de plus en plus nombreux à prendre en charge la totalité ou la quasi-totalité des courses alimentaires : ils sont désormais 63% à s’en charger, contre 58% avant la crise.

D’après les personnes interrogées, ces achats sont effectués dans les mêmes endroits qu’auparavant, là où tous les types de produit sont présents : à savoir, les supermarchés pour la majorité des Français. Cependant, tous les types de commerce voient leur fréquentation globale baisser (-11 points pour les commerces indépendants, -10 points dans les magasins bios).

Ce sont les modes de courses « alternatifs » qui tirent leur épingle du jeu, mais dans une proportion limitée. Ainsi, 20% des Français consomment davantage en drive, 9% se font même livrer davantage de paniers de fruits et légumes. De nouveaux usages qui devraient perdurer après la pandémie pour  de nombreux Français puisque parmi ceux qui utilisent ces services aujourd’hui,  87% pensent continuer à se faire livrer des paniers de fruits et légumes et 76% à utiliser le drive.

…mais des courses plus conséquentes ! 

Coté budget, une majorité de Français (54% des répondants) constate que l’enveloppe dédiée aux courses alimentaires a augmenté depuis le début de l’épidémie du COVID-19. Un phénomène qui s’explique notamment par l’augmentation du nombre de repas pris au domicile et au temps passé en cuisine qui a également augmenté. Une donnée importante quand dans le même temps,  le critère prix reste tout à fait déterminant dans la sélection des produits : 57% des Français disent accorder davantage d’importance au prix depuis le début de l’épidémie.

Si le prix arrive en première position, d’autres critères sont également passés à la loupe par les consommateurs lorsqu’ils font leurs courses.  Ainsi, les produits français sont désormais de plus en plus privilégiés : 45% des interrogés en achètent plus que d’habitude. Il en est de même pour les produits frais : 37% des Français en achètent davantage depuis le début de la crise sanitaire, tout comme les produits issus de circuits courts, pour 37% des répondants également. A noter, l’origine est même désormais le premier critère de choix pour les fruits et légumes : 44% des Français y font plus attention qu’auparavant.

Des consommateurs qui répondent présents pour soutenir les producteurs français, voire de leurs régions : 63% des interrogés indiquent « consommer le plus possible de produits locaux pour soutenir l’économie ».

A l’inverse, la recherche d’une consommation plus « utile » ou plus « saine » entraîne une baisse de la consommation des plats préparés (28% des Français en achètent moins qu’avant la crise), une baisse qui s’explique également par le fait que les Français sont plus enclins à se mettre aux fourneaux et à prendre soin de leur alimentation pendant la période de confinement.

Vers une nouvelle génération de consommateurs ?

Porter une plus grande attention aux prix, aux origines, privilégier les produits français, les circuits courts et opter pour des produits avec de meilleures qualités nutritionnelles, tels sont les nouveaux réflexes de consommations observés durant le confinement. De nouvelles habitudes que les Français entendent faire perdurer après la crise  :ainsi, 95% des répondants déclarent qu’ils continueront à faire davantage attention au critère prix après la crise sanitaire (dont 66% de façon certaine), 93% aux qualités nutritionnelles des produits (dont 52% de manière certaine) et 92% à l’origine de ceux-ci (54% le déclarent de façon certaine).

Article à retrouver sur le site de l’Observatoire E.Leclerc DES NOUVELLES CONSOMMATIONS